Corrado Berti - Compendio
Il documento denominato “Compendio delle vicende degli Scritti di Maria Valtorta”, è una dichiarazione giurata di padre Corrado Maria Berti O.S.M. costituita da due parti:
- il Compendio: il riassunto degli eventi suddiviso per anno (2 pagine).
- una Esposizione: la descrizione dettagliata degli eventi suddivisa per argomenti (14 pagine).
Padre Berti ha dattiloscritto e firmato il documento l’8 dicembre del 1978, festività dell’Immacolata Concezione.
Questo documento ripercorre tutte le principali date legate alle vicende valtortiane, iniziando dalla famosa udienza che papa Pio XII concesse, il 26 febbraio 1948, a padre Romualdo Maria Migliorini a padre Andrea Maria Cecchin e allo stesso padre Corrado Maria Berti, illustra i contrasti con il Sant’Uffizio, la messa all’Indice dei Libri Proibiti dell’opera di Maria Valtorta, l’incontro con il segretario personale di papa Paolo VI e si conclude con l’inventario degli scritti di Maria Valtorta nel 1978, coprendo così un arco di trent’anni di eventi relativi alla causa valtortiana.
Si tratta della seconda delle tre testimonianze da lui pubblicate: la prima è la conferenza tenuta a Roma nel 1970, l’ultima è l’articolo apparso nella rivista “Vita Cristiana (già Rivista di Ascetica e Mistica)” nel 1980, anno della sua morte.
Il documento è redatto su carta intestata del Collegio internazionale S. Alessio Falconieri dei Servi di Maria in Roma[1] presso cui Padre Berti era professore di Teologia sacramentaria.
COLLEGIO INTERNAZIONALE
S. ALESSIO FALCONIERI
DEI SERVI DI MARIA
Viale Trenta Aprile, 6 - 00153 ROMA
Tel. 58.90.441
COMPENDIO DELLE VICENDE DEGLI SCRITTI DI MARIA VALTORTA
I cenni biografici di Maria Valtorta appaiono sufficientemente dall'allegata cartellina illustrata.
I944 e I946 La Valtorta affida, con documenti spirituali, i suoi scritti all’Ordine dei Servi di Maria, di cui era Terziaria[2], perchè li custodisca, li faccia stampare e li diffonda con la approvazione della Chiesa. Poi ribadisce questa sua volontà con documenti legali.
L’Ordine si occupa di tali scritti, specialmente mediante P. Romualdo M. Migliorini, P. Gabriele M. Roschini, P. Corrado M. Berti e un gruppo di aiutanti.
I947 Dietro consiglio di mons. Carinci e di P. Bea, vengono consegnati a Papa Pio XII dodici volumi dattiloscritti di Maria Valtorta. Il Papa ne prende personale conoscenza.
I948 Il 26 febbraio Papa Pio XII, in udienza speciale, riceve il P. Migliorini, il P. Berti e il P. Cecchin, dei Servi di Maria, e dice: “Pubblicate quest’opera, così come sta”. Senza togliere nulla.
I949 Il Sant’Ufficio chiama P. Berti e gli comanda di consegnare i manoscritti e i dattiloscritti. Egli porta quanto è in suo possesso: il Sant’Ufficio comanda di non pubblicare sotto pena di collocamento all’Indice. Al P. Berti non è concesso di parlare.
I950 Maria Valtorta, con trepidazione, ma basandosi sulle parole di PIO XII, stipula regolare contratto con la Tipografia editrice Michele Pisani.
I956 - I959 Esce la prima edizione, senza note e assai imperfetta della vita di Gesù, intitolata, nel frattempo, “Il Poema dell’Uomo-Dio”.
I960 Il 6 gennaio il Sant’Ufficio colloca tale opera nell’Indice dei libri proibiti, non per errori dottrinali, ma in pena della disobbedienza all’ordine del I949.
I963 Mons. Macchi, segretario di Papa Paolo VI, dice a P. Berti, in colloquio, che il predetto poema non è all’Indice.
I960 - I967 Esce, in dieci volumi annotati, e fedeli agli originali, la seconda edizione del "Il Poema dell’Uomo-Dio".
I961 Il Sant’Ufficio autorizza tale seconda edizione.
I966 Paolo VI sopprime l’Indice.
I969 - I977 Vengono pubblicati tre scritti spirituali e l’Autobiografia di Maria Valtorta.
I978 Restano inediti: certamente 282 capitoli spirituali. Forse il copioso epistolario. Forse una collezione di attestati, anche di personalità del Sant’Ufficio, nonchè di altri laici.
Nel frattempo gli scritti editi di Maria Valtorta sono largamente diffusi in Italia e ovunque si trovano sacerdoti che hanno studiato a Roma o emigrati italiani. Numerose le traduzioni effettuate e in progetto. Alcuni volumi già pubblicati.
Roma, - 8 dicembre 1978
SOLENNITA' DELL'IMMACOLATA
ESPOSIZIONE
MARIA VALTORTA (I897 - I961) LA VITA DI GESU', INTITOLATA “IL POEMA DELL'UOMO-DIO”,
E GLI ALTRI SUOI SCRITTI MISTICI.
I. CENNI BIOGRAFICI
"Pour tous ceux qui veulent en savoir plus sur Maria Valtorta, des notes biographiques à son sujet sont suffisamment disponibles dans son Autobiographie (traitée brièvement dans n ° 12 ci-dessous). En outre, on peut lire l'article de Renzo Allegri, qui figurait dans le numéro du 26 août 1978 de la revue italienne Gente, pp.52-57[3]. Il est remarquablement bien fait. Ses imperfections ne sont que marginales. Enfin, on peut lire le volume plus détaillé sur la personne et les écrits de Maria Valtorta, rédigé et publié par le Dr. Emilio Pisani, en 1976, pp.46[4].
2. L'Ordre des Servites de Marie (osm).
"En 1944 et 1946[5], Maria Valtorta, infirme, a confié ses écrits spirituels, et plus tard des documents juridiques, à l'Ordre des Servites de Marie[6], dont elle était une tertiaire, de sorte qu'ils puissent les conserver, les faire imprimer et les diffuser, avec l'approbation et la bénédiction de l'Église, à laquelle elle était très attachée.
"L'Ordre des Servites de Marie s’était lui-même occupé de ses écrits, notamment par le biais de trois de ses prêtres :
le P. Romualdo M. Migliorini, directeur spirituel pendant quatre ans, de Maria Valtorta, alors infirme, et qui a dactylographié ses écrits ;
le P. Corrado Berti, qui en a écrit les notes théologiques,
et le P. Gabriele M. Roschini, qui a écrit un ouvrage intitulé : La Vierge Marie dans les écrits de Maria Valtorta, précédé d'une introduction intéressante sur le phénomène.
"Ces deux derniers prêtres étaient professeurs à Rome, à "Marianum", Faculté Pontificale de théologie.
"Certains prêtres de l'Ordre ont administré les saints sacrements à Maria Valtorta. D'autres ont aidé le Père Berti, qui était entre temps devenu âgé et souffrant[7].
3. Sa sainteté, le Pape Pie XII
"Comme les écrits de Maria Valtorta se présentaient comme émanant de visions surnaturelles et des dictées, le Père Corrado M. Berti, déjà cité, a pris conseil de deux personnes très expérimentées : S.E. Mgr. Alphonse Carinci, secrétaire de la Sacrée Congrégation des Rites, et vicaire pour les Causes des Saints, et Mgr Augustin Bea[8], SJ, confesseur du pape Pie XII et Recteur et professeur de l'Institut biblique pontifical de Rome. Les deux lui conseillèrent de dactylographier des copies de ces écrits et de les transmettre à Sa Sainteté le Pape Pie XII, par le biais d'un prélat de la secrétaire d'Etat[9].
"Pie XII pris personnellement connaissance de ces écrits, comme j’en ai eu l’assurance du porteur lui-même du texte dactylographié[10]. Et le 26 Février 1948, le Souverain Pontife reçu en audience spéciale - attestée par L'Osservatore Romano de ce jour – le P. Corrado Berti accompagné de deux confrères : le P. Romualdo M. Migliorini, ex-préfet apostolique en Afrique, et le Père Andrea M. Cecchin, prieur de l'Ordre international des Servites de Marie à Rome, et [le Pontife] prononça les paroles suivantes in extenso : "Publiez ce travail comme il est, celui qui lira comprendra." Et il ajouta : "On entend parler de tant de visions et de révélations, je ne dis pas que toutes sont vraies, mais certaines d'entre elles pourrait être vraies".
"Le Père Berti demanda au Pape si l’on devait retirer les mentions : "visions" et "Dictées" [du poème avant de le publier]. Et il répondit que rien ne devait être enlevé[11]. Dès que les trois prêtres furent sortis de l'audience papale, ils s’arrêtèrent dans les escaliers et écrivirent sur un papier les mots in extenso du pape, afin de ne jamais les oublier.
4. Le Saint-Office
"Mais, en 1949, le Saint-Office, dont le cardinal Alfredo Ottaviani fut, par la suite, le secrétaire[12], et Mgr. Pietro Parente l'assesseur[13], convoqua le procureur général de l'Ordre des Servites de Marie et le Père Corrado M. Berti, considéré comme l’instigateur principal[14].
"Mgr. Pepe et le Père Berruti, OP, responsables du Saint-Office, lurent le jugement [du Saint-Office] et voulurent que le Père Berti le signe.
"Avec cette décision, ils commandèrent au Père Berti de remettre au Saint-Office tous les manuscrits et copies dactylographiées de Maria Valtorta dans le but évident de les détruire ou de les garder enfermés à jamais : "Ici, ils resteront comme dans un tombeau", déclara Mgr. Pepe.
"Le Père Berti remit tous les documents dactylographiés en sa possession, mais il ne put livrer les manuscrits, conservés par l'écrivain [Valtorta], ni livrer toutes les copies dactylographiées [certaines étaient] possédées par d'autres personnes qui ne voulaient pas s’en séparer[15].
"En outre, et enfin, le Saint-Office interdit la publication de l'ouvrage, menaçant de le mettre à l’Index en cas d’éventuelle publication.
"Le Père Berti ne put révéler au Saint-Office les paroles dites par le pape Pie XII en audience, car il ne fut pas autorisé à parler. Il fut seulement autorisé à écouter et à signer le jugement, sans commentaires. Telles étaient les méthodes de l'époque avant le Concile [Vatican II].
"Le Saint-Office, cependant, fut clément envers l’infirme Maria Valtorta et ne lui a pas signifié le jugement.
"Elle le sut nécessairement par le Père Berti, et en fut bouleversée. Son état s’aggrava.
5. Tentatives de recours
"Pour consoler Maria Valtorta - -dont l’état s’aggravait – le Père Berti lui fit remarquer que le Pape était au-dessus du Saint-Office, et que la parole du Pape ("Publiez-la") était d'une plus grande valeur que celle du Saint-Office : "Il est interdit de la publier"). Mais l'écrivain [Valtorta] resta perplexe et craignit la mise à l’Index et l'excommunication[16].
"Par conséquent, elle désira et demanda un pourvoi, pour que la sentence du Saint-Office soit révoquée.
"Quelques-uns firent appel auprès de cette Congrégation, mais en vain. La réponse fut : "Id quod prius melius[17]". En d'autres termes: "Laissez reposer ce qui a été décidé avant."
"Maria Valtorta exprima alors le souhait que l'appel soit tenté auprès du Saint-Père lui-même, Pie XII, lui qui, en 1948 avait dit "Publier-la".
"Mgr. Alphonse Carinci, archevêque, secrétaire de la Sacrée Congrégation des Rites, ami, protecteur, admirateur de la personne et des écrits de Maria Valtorta, alla plus d'une fois lui rendre visite et lui promis un appel au pape et certifia par écrit ce que le Pape avait décidé en audience.
"Quand le Père. Bea, SJ (mentionné ci-dessus), vit et lut l’attestation de Mgr. Carinci, il voulut rédiger la sienne, très favorable, dans lequel il comparait Valtorta à la mystique Anne-Catherine Emmerich.
"Après le Père Bea, Mgr. Lattanzi, doyen de la Faculté de théologie de Latran[18] et consultant auprès du Saint-Office, écrivit également une attestation favorable, de même que Camilo Corsanego, conseiller juridique, doyen des conseillers consistoriaux pour le Saint-Siège et professeur au Latran.
"Toutes ces attestations furent jointes à celle du Père. Gabriel M. Roschini, OSM, mariologue renommé de "Marianum", la Faculté pontificale de théologie du Latran.
"Mgr. Carinci voulut présenter au Saint-Père Pie XII, des photocopies de ces attestations lors d’une audience. Mais une telle audience n'eut pas eu lieu en 1950, étant donné le surcroit de travail causée par l'Année Sainte.
6. Publication de la première édition de la vie de Jésus, intitulée "Le Poème de l’Homme-Dieu"
"En attendant, les mois passaient et le Père. Gabriel M. Roschini, OSM, consultant auprès du Saint-Office, qui connaissait Maria Valtorta et était un admirateur de ses écrits mystiques, déclarait avec insistance au Père Berti : "Allez à la maison d'édition Pisani !"
"Comme entre temps le P. Roschini avait été nommé au Saint-Office, le Père. Berti pensa que le Dicastère était devenu favorable à la publication [du Poème].
"Aussi, alla-t-il un jour à Isola del Liri, dans la province de Frosinone, où il rencontra M. Michele Pisani, propriétaire de la maison d'édition, qui, après s’être rapidement familiarisé avec Maria Valtorta, à qui il rendit visite, et avec ses écrits, décida de les imprimer.
"Le P. Berti craignait le Saint-Office. Maria Valtorta en était terrifiée et ne voulait pas prêter les documents dactylographiés et donner l’autorisation de les imprimer. Mais elle décida ensuite de conclure un contrat type avec Michael Pisani, qui déclara, une fois de plus, qu’il n’avait aucun doute sur l'issue des travaux, encouragés en cela par ses amis.
"La première édition de La Vie de Jésus sortit ainsi, intitulée, dans l'intervalle, Le Poème de l'Homme-Dieu, mais sans aucunes notes [théologiques], sans aucune introduction, avec une typographie modeste, et en quatre volumes trop volumineux. Mais tout cela fut publié en 1959[19].
7. Mise à l’Index des livres prohibés
"Mais le Saint-Office n'avait pas oublié son commandement : l'interdiction et la menace prononcée en 1949. Et le 6 Janvier 1960, le Saint-Office mis la première édition du Poème ... à l'Index des livres prohibés.
"L'Osservatore Romano, dans un article de ce jour, justifiait la condamnation précitée, non pas pour des erreurs doctrinales, mais pour le délit de désobéissance[20]. Mais en vérité, il n'y avait aucune désobéissance, puisque le pape Pie XII, en 1948, avait dit : "Publiez [l’œuvre] ", et que seul le Bureau du Saint Office, à qui elle avait été soumise, avait étrangement interdit sa publication[21].
"Cela étant, la première édition se propagea, fut appréciée, et de nombreux lecteurs y sentaient la main de Dieu.
8. Seconde édition du "Poème de l’Homme-Dieu"
"M. Michele Pisani ne fut pas impressionné par la mise à l’Index de la vie de Jésus précitée. Mais se sentant quelque peu vieilli et souffrant, il confiait la tâche de publier les écrits de Maria Valtorta à son fils, le docteur Emilio Pisani, un juriste, à ce moment-là dans la fleur de l’âge.
"C'est alors que les éditions Pisani, avec une confiance totale en l'aide de Dieu et dans l'avenir, concevait et décidait la publication d’une deuxième édition du poème, avec une meilleure couverture, un meilleur papier, une typographie plus moderne et plus claire, et dans des volumes moins épais. En outre, le Dr Emilio demandait au Père Berti de fournir pour la nouvelle édition, des notes explicatives sur les passages les plus difficiles, et pour souligner les fondements bibliques de l'Œuvre. L'édition fut aussi illustrée par Lorenzo Ferri, sous la direction personnelle de Maria Valtorta.
"Ainsi, cette œuvre sur l'Évangile, en dix beaux volumes, muni d'une introduction et de notes, sortit de manière attrayante pour tous.
"Le Père Gabriel M. Roschini, mentionné précédemment. consultant du Saint-Office, répétait à l’envi qu'une telle nouvelle édition ne pouvait plus être considérée comme mise à l’Index, puisque totalement renouvelée, conforme en tout à l'original, et qu’elle fournissait des notes qui supprimaient la moindre ambiguïté et démontraient l'orthodoxie de l'ouvrage.
9. Tentative d’entrevue avec le Pape Paul VI
"Le P. Berti était néanmoins toujours inquiet et très anxieux de la mise à l’Index du Poème, même si ce n’était que pour la première édition.
"Conscient d’avoir dépassé la première décision et confiant dans la sûreté de la deuxième édition, il demandait une audience à Mgr Pasquale Macchi, secrétaire privé, fidèle et dynamique, du pape Paul VI. (1963).
"Mgr. Macchi tint une conversation cordiale avec le Père Berti pendant environ une heure au cours de laquelle, avec un vif étonnement, il a été dit et répété que l’œuvre (de Maria Valtorta) n'était pas à l'index et que le pape [Paul VI], quand il était archevêque de Milan, avait lu un des volumes, l'avait apprécié et a envoyé l’ensemble de l’ouvrage au Séminaire [de Milan].
"Le secrétaire accepta les différents volumes de la deuxième édition, qui était sortie entre temps, mais après quelques jours, il les retourna diplomatiquement au Père. Berti avec une note dans laquelle il suggérait que [le P. Berti] lui-même les envoie à la secrétairerie d'État, dans le cas où il voudrait rencontrer Sa Sainteté en personne. C'est ainsi que se sont évaporés le désir et le projet d'une entrevue avec Paul VI.
10. Le Saint-Office autorise la deuxième édition
"En Décembre 1960[22], le Père. Berti fut appelé au Saint-Office où il fut très aimablement reçu par le Père Marc Giraudo, OP, commissaire de cette Congrégation.
"Le P. Berti, voyant que cette fois, il pourrait dialoguer calmement, il relatait au commissaire les mots ("Publiez [l’œuvre] ") prononcés en audience par le pape Pie XII en 1948, et lui apportait la photocopies des attestations sur la vie de Jésus [c.à.d. Le Poème ...] par Maria Valtorta. Trois de ces attestations s’avéraient être établi par les consultants du Saint-Office : celle du Père. [Plus tard, cardinal] Bea, SJ, celle de Mgr. Lattanzi et celle du Père. Roschini, OSM.
"Le Père Giraudo, qui ignorait tout des paroles de Pie XII[23] et des attestations de ces trois personnages du Saint-Office lui-même, reçut plusieurs fois le P. Berti par la suite. Après avoir consulté ses supérieurs et réfléchit sur les attestations, il prononça ces paroles : "Continuez à publier cette seconde édition Nous allons voir comment le monde la reçoit".
"Et c'est ainsi que Le Poème est sorti, et continue à sortir, non seulement par ordre de Pie XII, mais aussi avec l'approbation du Saint-Office (1961)[24].
11. Suppression de l’Index des livres prohibés
"Mais en 1966, le Pape Paul VI, qui a poursuivi le Concile œcuménique Vatican II jusqu’à son achèvement, a effectué la réforme de la liturgie romaine, profondément renouvelé la Curie, y compris le Saint-Office, a aussi réalisé l'acte courageux de suppression de l'Index des livres prohibés sur lequel Le Poème écrit par Maria Valtorta avait étrangement été placé. C'est ainsi que, à partir de 1966, Le Poème ... se trouva libre de toute sanction ecclésiastique.
"C’est peut-être à cet acte [papal], connu de lui seul à l’époque, auquel Mgr. Macchi pensait, quand, dans son entrevue, il a affirmé au P. Berti que le poème n'était pas à l’Index.
"Certains lecteurs ont émis l'hypothèse que Paul VI avait supprimé l’Index afin de de libérer Le Poème d'une manière digne. Mais on ne sait pas si cette hypothèse, qui n’est pas impossible[25], est fondée. Il est donc sage de ne pas la donner comme certaine.
12. Les écrits de Maria Valtorta en 1978
"Le premier ouvrage publié était la vie de Jésus. Il était initialement intitulé : "L'Evangile de Notre Seigneur Jésus-Christ, comme il a été révélé au petit Jean". Ce nom de "petit Jean"[26] établissait un rapprochement entre Maria Valtorta et Jean, le grand apôtre et évangéliste, et en même temps la distinguait de lui, indiquant simultanément son humilité et son infériorité. Mais ce titre semblait plutôt un peu imprudent à Maria Valtorta qui en avait imaginé divers autres sans se satisfaire d’aucuns d’eux.
"Par la suite, le grand médecin, professeur Nicholas Pende, admirateur de Valtorta et de ses écrits, a suggéré le titre de "Poème de Jésus". Mais puisque ce titre existait déjà pour une petite composition poétique, et que son auteur avait protesté, [le titre] fut retouché par le P. Berti en : "Le Poème de l'Homme-Dieu". Ainsi formulé et retouché, il a convenu à Maria Valtorta elle-même qui l'a approuvé et fait sien.
"Deux éditions, très différentes, de cette vie de Jésus [Le Poème ...] ont été publiées. La première, imprimée en 1956-59 [comme indiqué ci-dessus], était très modeste : quatre volumes trop épais, sans une introduction, dépourvue des notes les plus prudentes. Elle était imparfaite, même en ce qui concerne le texte, parce qu'il ne reproduisait pas directement le manuscrit Valtorta, mais une copie dactylographiée très infidèle et incomplète. Ce fut l'édition qui a rencontré les difficultés décrites ci-dessus.
"La deuxième édition, fut imprimée, sous la direction du Dr Emilio Pisani, dans les années 1960-67 en dix volumes maniables, rédigés sur la base d'une comparaison stricte avec le manuscrit original de Maria Valtorta et fournis avec des milliers de notes théologiques, en particulier bibliques, préparées par des années de travail intense du Père. Corrado M. Berti de l'Ordre des Servites de Marie, professeur à "Marianum", la Faculté pontificale de théologie à Rome.
"Cette deuxième édition est celle qui n’a rencontré aucune difficulté, mais avait été autorisé en 1961 par le Saint-Office lui-même (qui s'appelle maintenant la Sacrée Congrégation pour la Doctrine de la Foi), comme cela a été relaté ci-dessus dans ces pages au § 10.
"Cette édition a été réimprimée plusieurs fois. En considérant ces rééditions, ceux qui ne tiennent pas compte qu’il faut une réécriture pour parler de nouvelle édition, parlent le plus souvent d'une troisième et d’une quatrième édition.
"Le second ouvrage doctrinal imprimé (1972), et jusqu'à présent dans une édition unique, mais bien diffusée et appréciée, est le Livre d'Azarias. Ce volume a été à l'origine intitulé "Messes angéliques", c'est-à-dire dimanches et messes festives, éclairées sous la dictée d’Azarias, l’ange gardien de Maria Valtorta selon ce qu’elle dit. Mais pour exclure la possibilité d'interprétation erronée, à savoir que les anges célèbrent la sainte messe comme le font les prêtres sur la terre, parmi les différents titres potentiels, et après réflexion et de prière, le titre "Le Livre d’Azarias" a été choisi, par déférence pour l’ange à qui Maria Valtorta a attribué la Dictée.
"Le troisième ouvrage doctrinal publié, et compris dans un volume épais de 800 pages, a été édité en 1976 et intitulé par l'éditeur, le Dr Emilio Pisani : "Les Cahiers de l'année 1943", précisément parce qu'il contient tous les Dictées écrites par Valtorta en 1943. Le Poème, au contraire, contient des "visions" et des "dictée" écrites surtout entre 1944 et 1947[27].
"Le quatrième ouvrage doctrinal, de 300 pages, édité en 1977, porte le titre donné par Valtorta elle-même : "Leçons sur l'Épître de Paul aux Romains". Maria Valtorta a écrit ces leçons entre 1948 et 1950, sous la dictée, dit-elle, de son doux hôte ou son Auteur Très Saint, qui est, le Saint-Esprit. Le volume est pourvu d'un index très utile des sujets, comme c'est le cas des Cahiers de l'année 1943.
"À ces quatre ouvrages, déjà publiés et attribués par Maria Valtorta à visions et des dictées surnaturelles, il convient d'ajouter son Autobiographie, composé par Maria Valtorta, en 1943, avec son seul talent d’auteur pour obéir à une demande de son directeur spirituel[28]. Le volume, d'environ 450 pages, a été publié en 1969.
13. Traductions
"Seul, à ce jour[29], l’œuvre majeure, Le Poème, a été traduit en espagnol, français, allemand. Une traduction espagnole en un seul volume est sortie, qui rassemble deux volumes de l'original italien.
"Il a également été publié un florilège en japonais, qui s'est vendu à plus de 8.000 exemplaires en quelques semaines.
"Enfin, à l'heure actuelle, il y a eu un volume publié en portugais, avec l'Imprimatur. qui rassemble la Passion, la Mort et la Résurrection de Jésus.
"D'autres traductions sont prévues ou en cours de préparation, bientôt sortiront quelques volumes en français.
"L'original [Italien] de l’ouvrage de Maria Valtorta est déjà largement répandu dans le monde, par l’entremise de quelques bons prêtres venus étudier à Rome et [aussi] par les Italiens qui ont émigré par millions et se sont éparpillés un peu partout dans le monde.
14. Les écrits inédits de Maria Valtorta (1978)
"Il reste encore à publier[30] les Visions et les dictées, des années 1944, 1945, 1946, 1947 et 1953. Parmi ces visions, sont celles des martyres des divers saints, dont certains connus, d'autres. Inconnus ou discutés.
"Ensuite, comme cela a été fait pour sainte Catherine de Sienne[31] afin de mieux connaître la personne, il reste peut-être à publier près de 2.000 pages de lettres écrites par Maria Valtorta à diverses personnes, et par eux à elle.
"Enfin, de nombreuses attestations pourraient être publiées (une centaine de pages ou environ) sur la personne et les écrits de Maria Valtorta. Certains d'entre eux sont d'une grande valeur, comme ceux du Père. [Cardinal] Augustin Bea, SJ, de Mgr. Hugo Lattanzi, Mgr. Alphonse Carinci, Fr. Gabriel M. Roschini, et certains scientifiques autres laïcs.
Conclusion
"Je connaissais Maria Valtorta dès 1946, et, compte tenu du fait qu'elle a vécu assez proche de ma mère, je l'ai souvent rencontré, au moins une fois par mois jusqu'à l'année de sa mort en 1961.
"J'ai lu et annoté (par moi-même de 1960 à 1974, avec l'aide de quelques confrères à partir de 1974) tous les écrits Valtorta, publiés et inédits.
"Je peux certifier que Valtorta n'a pas pu, par sa propre industrie, posséder la vaste érudition, profonde, claire et variée qui se manifeste dans ses écrits. En fait, elle ne possédait, et parfois les consultait, que le Catéchisme de Pie X, et une Bible populaire ordinaire [Italienne].
"Maria était une femme humble et sincère, nous pouvons donc accepter l'explication qu’elle a elle-même fourni au sujet de ses connaissances - elle les attribue à ses visions et ses dictées surnaturelles, - en plus de son talent naturel d’écrivain. C'est aussi l'opinion de Mlle Martha Diciotti qui a aidé Valtorta depuis 30 ans, et qui aujourd'hui reçoit tant de visiteurs dans la petite chambre [de Maria Valtorta].
"C'est aussi l'opinion de l'éditeur, le Dr Emilio Pisani, qui entend l'écho écrit et oral de très nombreux lecteurs.
N. B.
Di tutto ciò che io, P. Corrado M. Berti, O.S.M., ho scritto in queste pagine, sono stato testimone oculare. Inoltre già segnai le notizie su carta, quando avvenivano, e le inviai, sotto forma di lettera alla Valtorta, e poi, dopo la sua morte, a chi la rappresenta.
Roma, - 8 dicembre 1978
SOLENNITA' DELL'IMMACOLATA
Vedi anche
- Padre Corrado Berti e Maria Valtorta
- Padre Corrado Berti - citazioni nell’Opera
- Padre Corrado Berti - Conferenza di Roma (1970)
- Padre Corrado Berti - Ricordo di Emilio Pisani
- Padre Corrado Berti - testimonianza oculare
Note
- ↑ Il Collegio internazionale S. Alessio, dal 1950, fu elevato da papa Pio XII a Pontificia Facoltà Teologica Marianum, riservata ai frati servi di Maria con specializzazione in Teologia Mariana (Mariologia).
- ↑ L’Ordine Secolare dei Servi di Maria (OSSM), anche conosciuto come Terz’Ordine Servita, è l’estensione laicale dello spirito e del carisma dei frati Servi di Maria
- ↑ Gente n° 34 del 26 agosto 1978. Emilio Pisani en parle dans son livre "Padre Pio et Maria Valtorta", page 57. Renzo Allegri avait fait un reportage sur le Padre Pio. Il s’était intéressé aussi à Maria Valtorta. Durant l’été 1978, il rencontra Maria Dicotti, l’aide-ménagère de Maria Valtorta et les époux Pisani. L’article qui en ressortit, fut publié dans la revue à grand tirage Gente. Le reportage, fidèle au cas étudié, eut un tel retentissement que le courrier destiné à l’éditeur parvenait à l’adresse de Maria Valtorta à Viareggio. Nous reproduisons la Une de la revue, mais nous n’avons pas l’article en question.
- ↑ Sans doute le texte qui figure en introduction du premier volume de l’Évangile tel qu’il m’a été révélé. Emilio Pisani et son épouse connaissaient très bien Maria Valtorta qu’ils suivaient depuis 1948.
- ↑ Exactement d’avril 1943 jusqu’en avril 1947. Le Père Berti est entré en scène plus tardivement que le Père Migliorini. Les visions propres de "l’Évangile tel qu’il m’a été révélé" sur lequel le P. Berti a théologiquement travaillé, n’ont débutées qu’au début 1944.
- ↑ L’ordre des Servites de Marie, est né en 1233 à Florence sur l’initiative de sept marchands dont le plus connu, Alexis Falconieri (1200-1310) mourût plus que centenaire. Ils fondent en 1250 la Santissima Annunziata de Florence où Maria Valtorta est aujourd'hui inhumée. La rue des Blancs-manteaux à Paris porte le souvenir d’un de leur monastère fondé à l’initiative de Saint Louis.
- ↑ Il n’a que 67 ans au moment où il écrit ces lignes. Il meurt deux ans plus tard. Dans son ultime témoignage, il fait allusion aux prêtres qui l'aidaient dans ses travaux.
- ↑ Il n’était pas encore cardinal. Il fut nommé au début du pontificat de saint Jean XXIII.
- ↑ Mgr Francesco Norese, archiviste de la Secrétairerie d'État (la plus haute instance du Vatican) avec qui le P. Berti s’était lié d’amitié.
- ↑ Mgr F. Norese avait déposé les manuscrits dactylographiés sur la table de Pie XII, conformément à sa fonction. Il vérifiait régulièrement la progression du signet qui indique l'avancement de la lecture. Le moment venu, une audience fut sollicitée.
- ↑ Pie XII conseilla de publier l’œuvre sans rien enlever, pas même les déclarations explicites de rapporter des "visions" et des "dictées"; mais en même temps il n’approuva pas le texte d’une préface qui parlait d’un phénomène surnaturel. Selon le conseil du pape, toute interprétation devait être laissée au lecteur : Il n’y a pas lieu de donner une opinion quant à son origine, qu’elle soit extraordinaire ou non. Ceux qui liront comprendront". Le Saint Père leur enjoignit aussi de ce mettre en quête d'un imprimeur et d'un évêque pour l'imprimatur d'usage.
- ↑ Il fut nommé en novembre 1959, peu de temps avant la mise à l’Index de Maria Valtorta ’16 décembre 1959). Au concile il fut considéré comme le porte-parole des conservateurs.
- ↑ Si le Père Berti précise ces points, qui ne concernent pas le fait lui-même mais la chronologie future, c’est, de notre point de vue, parce qu’il tient à désigner la cause de cette hostilité. Elle se comprend par les courants qui s’affrontaient dans la Curie. L’évènement relaté dans ce paragraphe est fait en dehors des procédures habituelles. D’ailleurs on n’a jamais retrouvé une trace officielle, voire officieuse, de cette convocation. Il est probable que Mgr Pepe, licencié en 1952 par le Pape Pie XII pour avoir mis à l’Index des ouvrages de Padre Pio sans son accord, a dû emporter les traces de toutes « ses basses œuvres » (le jugement est de nous), si bien qu’en 1960 quand Le P. Grirolamo Berruti commente la mise à l’Index, il ne peut qu’évoquer un lointain souvenir, en l’absence d’une pièce officielle datée et référencée.
- ↑ Les Pères Migliorini et Berti, forts de l'imprimatur papal, contactent l’Imprimerie polyglotte vaticane qui leur fait d'abord bon accueil. Mais quelques mois plus tard, le Saint-Office convoque brusquement le P. Berti, lui ordonne d'abandonner son projet et de livrer les originaux.
- ↑ Le Père Berti, qui ne gardait à Rome que quelques-uns des originaux, s’empressa de faire de nuit le voyage à Viareggio afin de les rendre à leur propriétaire légitime ; il n’apporta au Saint Office que les seules copies dactylographiées incomplètes et les doubles qui étaient alors en sa possession.
- ↑ Voir à ce propos la note juridique sur l’Index des livres prohibés.
- ↑ Ce qui est le meilleur. Sans doute une sentence d’un Père de l’Église.
- ↑ La plus romaine des facultés de théologie.
- ↑ Le premier volume sortit en 1956. Les autres à un rythme annuel. Le Saint-Office n'est intervenu qu'après la mort de Pie XII (1958).
- ↑ Le motif officiel est en effet le défaut d’imprimatur. Cas aboli depuis. Mais l’article fait une référence implicite à l’entrevue entre Mgr Pepe et le P. Berti dix ans auparavant, ainsi qu’à la vague de soutien obtenu par l’œuvre de Maria Valtorta : "Ces mots évoquent des souvenirs d’il y a environ une dizaine d’années, alors que circulaient certains textes dactylographiés volumineux, qui contenaient de prétendues visions et révélations. On sait qu’alors l’autorité ecclésiastique compétente avait défendu l’impression de ces textes dactylographiés et avait ordonné qu’ils soient retirés de la circulation" et plus loin : malgré les personnalités illustres (dont l'incontestable bonne foi a été surprise) qui ont apporté leur appui à la publication, le Saint-Office a cru nécessaire de la mettre dans l'Index des Livres prohibés". Le Saint-Office était donc parfaitement au courant du soutien de Pie XII que rapportaient ces attestations et a passé outre délibérément.
- ↑ Pour Mgr Gagnon, spécialiste de ces questions, l’avis papal valait en effet imprimatur.
- ↑ La mise à l’Index datait du début de l’année. Le P. Berti revient ici en arrière.
- ↑ Et pourtant l’article de l’Osservatore romano faisait référence à "ces personnes illustres" qui avaient soutenus Maria Valtorta. Cette indication montre bien le cloisonnement de l’Institution qui avait permis le complot assez choquant que nous rapporte ici le Père Berti.
- ↑ Approbation malheureusement verbale : diplomatie vaticane oblige. Mais cela soulageait au moins la conscience, très éprouvée, du Père Berti.
- ↑ Mgr Giovanni Battista Montini (Paul VI) avait été le bras droit de Pie XII à la Secrétairerie d'État jusqu'en 1954. À ce titre, il était au courant de l'affaire Maria Valtorta et de l'attitude de Pie XII à son égard. Maria Valtorta en parle dans sa correspondance avec Mgr Carinci.
- ↑ Surnom affectueux donné par Jésus à Maria Valtorta.
- ↑ C’est exact. Le Père Bert corrige ici l’imprécision qu’il avait commise en début de texte (voir la note n° 5 ci-dessus).
- ↑ Le Père Migliorini.
- ↑ La situation a beaucoup évolué depuis. Voir à ce propos le site de l’éditeur et celui de la Fondation.
- ↑ Idem.
- ↑ Sainte Catherine de Sienne (1347-1380) a entretenu une correspondance avec le Pape.